Question biblique, théologique : Peut-on perdre la vie éternelle ?

Peut-on perdre la vie éternelle ?
Nous cherchions une question pour notre rubrique et devant notre manque d’idées, nous avons fait comme tout le monde, chercher sur internet. Et voici ce que Google nous a proposé : « Peut-on perdre la vie éternelle ? » C’est loin d’être une question idiote. En effet, la vie éternelle est une promesse de Jésus : « Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que toute personne qui croit en lui ne périsse pas mais qu’elle ait la vie éternelle. » (Jn 3,16)
L’article d’internet, qui répond à cette épineuse question, affirme que puisque c’est une promesse de Dieu, rien ne peut revenir dessus. Si un jour vous avez reconnu Jésus comme le Christ, mort et ressuscité pour vous, alors vous aurez la vie éternelle quoi qu’il arrive. Donc pas de souci pour votre après-vie, vous serez avec Dieu pour l’éternité.
Cela m’interroge vraiment pour deux raisons, déjà cela fait de la vie éternelle quelque chose de tangible, que l’on pourrait presque ranger dans une boite. Et deuxièmement pour moi, la vie éternelle n’est pas réservée à l’après vie, mais bien plus, elle s’épanouit dans le présent.
En effet, je crois qu’après la vie, Dieu accueille tous les humains dans son amour, car comme dit Paul, rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ (Rm 8,38-39). Et donc s’il ne s’agit pas de l’après vie, il ne peut s’agir que de maintenant. Ainsi, la vie éternelle se vit ici et maintenant (Pour aller plus loin, je vous invite à découvrir la conception de l’éternité chez Augustin).
La vie éternelle est, pour moi, une manière différente de voir le monde, une manière d’être en relation avec Dieu et avec les autres. La vie éternelle c’est recevoir au plus profond de notre être que Dieu nous accompagne, nous soutient, nous relève, qu’il veut le meilleur pour nous, pour tous les humains. Si la relation avec Dieu se distend, si on perd confiance, on peut alors perdre la vie éternelle, ici et maintenant. Mais ce n’est jamais perdu pour toujours, Dieu s’approche à chaque instant de nous et nous appelle à cette vie en vérité, cette vie éternelle.

Ainsi, lorsqu’en 1947-1956 des manuscrits datant de cette époque sont découverts dans des grottes non loin de la Mer Morte, ceux-ci sont attribués directement aux Esséniens. Ces manuscrits sont extraordinaires, par leur ancienneté, par leur nombre et leur état de conservation. Ils sont écrits en majorité en hébreu, avec quelques-uns en araméen et en grec. Si pour beaucoup, il s’agit de fragments, d’autres sont exceptionnels, comme un rouleau très peu abîmé de tout le livre du prophète Ésaïe. Outre les manuscrits, les premiers archéologues attribuent aux Esséniens les ruines du village à coté : Qumrân. Dans leur compréhension, les Esséniens auraient caché leurs manuscrits avant la destruction de leur village par les Romains lors de la première guerre judéo-romaine de 66 à 73.

Or, la recherche des trente dernières années remet en cause ce « modèle standard », en effet les ruines de Qumrân ressemblent plus à un fortin militaire qu’à un village monastique. Et s’il y a bien des textes particuliers, non inclus dans les canons bibliques, comme Manuel de discipline, ceux-ci ne font pas mention des Esséniens, mais de Yahad (Alliance, unité). La situation est donc complexe, rien ne permet d’affirmer de façon certaine que des Esséniens ont habité à Qumrân, que ce sont eux qui ont écrit et caché les manuscrits. Certains chercheurs estiment que les manuscrits sont ceux de la bibliothèque du Temple, qui ont été cachés pour éviter leur destruction durant la guerre. Toujours est-il que ces manuscrits sont très importants, car ils sont les témoins de l’état du texte biblique au Ier siècle de notre ère. Pour les plus curieux, vous pouvez en trouver des traductions en français.

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