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Question biblique, théologique : Pourquoi Dieu a choisi Marie ?
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Pourquoi Dieu a choisi Marie ?
Pour beaucoup de personnes, la grande différence entre les protestants et les catholiques est que, disent-ils, les protestants ne croient pas à la Vierge. C’est vrai, nous ne croyons pas que la Vierge intercède pour nous auprès de Dieu. Au XVI e siècle, les protestants ont réaffirmé qu’elle était, seulement, celle qui a accueilli le Seigneur dans l’humanité. On est en droit de se demander pourquoi Dieu choisi Marie pour s’incarner. La façon dont on répond à cette question explique les différences entre la vision protestante et la vision catholique.
En effet, les catholiques s’appuient sur des récits du II ème siècle, qui racontent la vie de Marie. L’un des plus connus est le proto-évangile de Jacques, qui retrace l’enfance de Marie, sa naissance sans péché, son éducation au temple de Jérusalem, nourrie par des anges. Puis son mariage avec Joseph, un veuf âgé, qui l’accueille, chastement, chez lui, afin que s’accomplisse la volonté de Dieu. On retrouve souvent ces récits représentés sur les vitraux, les tableaux dans les églises. Ainsi, c’est entre autres cette image de Marie que l’Église catholique romaine présente et défend. Celle d’une femme pure depuis la naissance, choisie par Dieu pour cette pureté, cette chasteté. Dans cette compréhension, Dieu a besoin d’une personne pure pour s’incarner.
Les protestants, se limitant aux récits bibliques canoniques, décrivent Marie comme une femme ordinaire, choisie sans raison par Dieu. Nous refusons cette vision d’une Marie nécessairement pure pour accueillir le Christ. Nous croyons que la naissance de Jésus est l’affirmation que Dieu rejoint les humains dans le quotidien de leur existence, dans la simplicité de leur vie. Marie est alors la représentation de tous les humains, avec leur accueil de Dieu, leurs doutes, leur rejet, leur souffrance, leur relèvement. Marie, comme Pierre et les autres disciples, est une figure à laquelle les croyants et croyantes peuvent s’identifier.
Ainsi, lorsqu’en 1947-1956 des manuscrits datant de cette époque sont découverts dans des grottes non loin de la Mer Morte, ceux-ci sont attribués directement aux Esséniens. Ces manuscrits sont extraordinaires, par leur ancienneté, par leur nombre et leur état de conservation. Ils sont écrits en majorité en hébreu, avec quelques-uns en araméen et en grec. Si pour beaucoup, il s’agit de fragments, d’autres sont exceptionnels, comme un rouleau très peu abîmé de tout le livre du prophète Ésaïe. Outre les manuscrits, les premiers archéologues attribuent aux Esséniens les ruines du village à coté : Qumrân. Dans leur compréhension, les Esséniens auraient caché leurs manuscrits avant la destruction de leur village par les Romains lors de la première guerre judéo-romaine de 66 à 73.
Or, la recherche des trente dernières années remet en cause ce « modèle standard », en effet les ruines de Qumrân ressemblent plus à un fortin militaire qu’à un village monastique. Et s’il y a bien des textes particuliers, non inclus dans les canons bibliques, comme Manuel de discipline, ceux-ci ne font pas mention des Esséniens, mais de Yahad (Alliance, unité). La situation est donc complexe, rien ne permet d’affirmer de façon certaine que des Esséniens ont habité à Qumrân, que ce sont eux qui ont écrit et caché les manuscrits. Certains chercheurs estiment que les manuscrits sont ceux de la bibliothèque du Temple, qui ont été cachés pour éviter leur destruction durant la guerre. Toujours est-il que ces manuscrits sont très importants, car ils sont les témoins de l’état du texte biblique au Ier siècle de notre ère. Pour les plus curieux, vous pouvez en trouver des traductions en français.